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Franck Muller x Jisbar Vanguard Crazy Hours: quand un cadran pop art devient un concept mécanique

En 2025, Franck Muller a lancé une collaboration tirée à 250 exemplaires avec l’artiste pop français Jean-Baptiste Launay, connu sous le nom de Jisbar, construite autour de la référence Vanguard Crazy Hours de la manufacture. La collection se décline en cinq variantes, chacune limitée à 50 pièces. En 2026, deux modèles féminins sont venus compléter la ligne, portant le nombre total de configurations à sept.

Le cadran: construction et concept

Le cadran constitue l’argument de design central de cette montre, et il ne s’agit pas d’un simple cadran imprimé. Selon Franck Muller, 25 couches de laque sont appliquées sur chaque cadran. Il en résulte une surface visuellement dense et physiquement en relief, bien loin d’un graphisme à plat.

La démarche de Jisbar est précise: chacun des 12 index horaires est tiré d’une peinture différente issue de son œuvre existante. Ces index ne sont pas uniformes dans leur style, leur échelle ou leur caractère — chacun constitue un élément visuel distinct. Certains sont immédiatement lisibles comme des chiffres; d’autres demandent un instant d’attention. Le signe dollar, par exemple, remplace le chiffre onze, ses deux barres verticales en assurant la structure. Un smiley représente le deux. Le chiffre trois est rendu de façon à évoquer la lettre E. Dans la conception même de Jisbar, les index sont des fragments d’un corpus d’œuvres plus vaste, condensés en une position fonctionnelle sur le cadran.

Le fond de cadran des modèles masculins est noir. Les deux modèles féminins introduits en 2026 — une référence en or rose de 32 mm et une référence en acier de 35 mm — adoptent un fond blanc, et les index artistiques ont été revus en conséquence. Ces références féminines sont identifiées comme V 32 CH JSR LTD 5N et V 35 CH JSR LTD AC.

La complication Crazy Hours

La complication Crazy Hours, que Franck Muller a introduite pour la première fois en 2003, constitue le socle mécanique de cette collaboration. Les index horaires ne sont pas disposés de manière séquentielle. Plutôt que de se succéder de 1 à 12 dans l’ordre, ils suivent la séquence 1, 6, 11, 4, 9, 2, 7, 12, 5, 10, 3, 8. La logique sous-jacente est constante: l’heure correcte suivante se trouve toujours cinq positions en avant de la position actuelle sur le cadran.

Franck Muller x Jisbar Vanguard Crazy Hours: When a Pop Art Dial Becomes a Mechanical Concept

L’aiguille des heures ne balaye pas continuellement l’espace entre les heures. Il s’agit d’une véritable complication à heure sautante — l’aiguille maintient sa position pendant toute la durée de chaque heure, puis avance de cinq positions au passage à l’heure suivante. L’énergie mécanique nécessaire à ce saut s’accumule durant l’heure et se libère instantanément. Ce mécanisme n’a rien d’anodin: une heure sautante classique constitue déjà une complication significative, et la disposition Crazy Hours y ajoute un niveau supplémentaire de complexité positionnelle.

Jisbar a exprimé clairement pourquoi cette complication l’a séduit comme vecteur de design. « On n’achète pas une montre Crazy Hours pour lire l’heure », a-t-il déclaré. La résistance de la complication à une lecture instantanée en faisait, selon lui, une base naturelle pour un projet artistique. La conception de son cadran amplifie cette qualité plutôt qu’elle ne la contredit.

Le boîtier

Le modèle masculin adopte le boîtier tonneau Vanguard de 43 mm. La géométrie du boîtier — avec son profil incurvé et ses cornes dissimulées — permet au cadran d’occuper une large proportion de la surface visible. Malgré le diamètre de 43 mm, la courbe épousant le poignet est présentée comme rendant la montre portable sur une grande variété de tailles de poignet.

Franck Muller x Jisbar Vanguard Crazy Hours: When a Pop Art Dial Becomes a Mechanical Concept

L’écrin et l’œuvre physique

Chaque montre est livrée dans un écrin dédié Franck Muller x Jisbar. À l’intérieur se trouve un fragment d’une peinture originale sur toile. Pour chacune des cinq variantes, Jisbar a créé une peinture originale représentant cette montre spécifique. Il a ensuite découpé chaque toile en 50 morceaux et placé un fragment dans chacun des 50 écrins correspondant à cette variante. Les 50 acquéreurs d’une même variante détiennent collectivement la peinture complète, même si ces pièces sont en pratique dispersées aux quatre coins du monde.

Le concept est délibérément peu propice à une réunification, mais il confère à chaque montre un lien direct et physique avec une œuvre unique sur toile, plutôt qu’avec une reproduction ou une estampe.

Contexte

Jisbar avait développé le concept du cadran de manière indépendante, le présentant à plusieurs manufactures horlogères avant que Romain Urlacher, de Franck Muller, n’accepte de donner suite au projet après l’avoir découvert lors d’une exposition. La manufacture avait précédemment collaboré avec des artistes tels qu’Eileen Chan, Loes Van Delft, Ryoko Kaneta et Hom Nguyen, de sorte que le cadre collaboratif était déjà établi. La plateforme Vanguard Crazy Hours, dont l’essence repose sur la disruption visuelle plutôt que sur la lisibilité conventionnelle, s’est révélée être la correspondance structurelle idéale avec ce que Jisbar avait déjà conçu.

Les modèles féminins lancés en 2026 étendent la collaboration à des boîtiers de dimensions plus réduites avec des cadrans revisités, confirmant que le projet se développe comme une ligne pérenne plutôt que comme un événement de lancement unique.

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